Maxime d’Angeac est l’homme qui fait renaître l’Orient Express.
Le célèbre train.
Mais aussi le voilier.
Désormais le plus grand du monde avec ses 220m de long.
Deux ouvrages hors normes, haut de gamme, à la croisée du patrimoine, de l’industrie et du luxe contemporain.
Et de la révolution technologique.
La même qui est au cœur de la marque Orient Express depuis 1920.
Ce mercredi, Maxime D’Angeac était l’invité du chercheur Thomas Paris, au séminaire Création de L’école de management de Paris.
Durant 2h, l’architecte français met en avant la nécessité créatrice qui a fondé sa démarche sur le train comme pour le voilier : l’excellence de la mise en oeuvre.
“Pour que mon projet soit viable, il fallait qu’il soit inattaquable. Ça a été une phase longue.”
Le train est repensé comme un objet industriel complexe, pas comme un décor figé. “C’est de la déco, mais avant ça, c’est de l’industrie, de la technicité, de la sécurité, de l’inflammabilité. »
Pour lui, le design et l’innovation sont indissociables des contraintes techniques.
Sur le bateau de croisière, développé avec les Chantiers de l’Atlantique, même exigence. L’Orient Express Corinthian est équipé d’un système vélique inédit : 3 mâts de 100 m de haut qui s’inclinent pour permettre au navire de passer sous certains ponts.
Des contraintes historiques aussi.
Sur le train, tout part des antiques wagons, retrouvés, parfois incomplets, qu’il faut restaurer et réinterpréter. D’Angeac engage des maîtres d’art capables de recréer des marqueteries, des verres, des couleurs oubliées.
Des contraintes esthétiques.
Le bleu azur de l’Orient Express est un emblème incontournable. D’Angeac s’inspire des formules de l’aéronautique pour le rendre résistant aux intempéries.
« Dans le luxe, on prend le temps : de développer un détail, une mise au point.”
Dans ce contexte, la posture de l’architecte est sans ambiguïté.
“Je dors 5h par nuit. Je fais du sport de combat, du kravmaga, du MMA, je ne râte jamais l’entraînement. Quand je prends une décision, je ne tergiverse pas. Quand je me plante, j’assume.”
L’architecte avait la vision du projet dès le début. Mais il savait que créer, c’est tenir le cap dans les contraintes de mise en œuvre.
“L’Orient Express, c’est la révolution industrielle. L’origine de la marque, c’est de casser tous les codes.”
L’architecte ne cherche pas seulement à faire renaître le passé. Il veut retrouver son exigence initiale : celle d’un objet à la fois radicalement novateur et inattaquable techniquement.
Dans mon livre à venir « Les nécessités de créer », la Réalisation est la 2ème des nécessités créatrices.
Elle est un besoin viscéral de faire exister une œuvre concrètement, dans les règles de l’art, malgré un environnement contraignant et en engageant tout le corps s’il le faut.